Guide

Compléments anti-âge : les plus efficaces selon la science

Compléments anti-âge : collagène, acide hyaluronique, CoQ10, astaxanthine. Ce que montrent les essais sur la peau, leurs limites et ce qui protège mieux.

Par La Rédaction Publié le Mis à jour le 8 min de lecture

Sommaire
  1. Ce que montrent les essais
  2. Collagène : des essais positifs, une méta-analyse qui tempère
  3. Acide hyaluronique, coenzyme Q10, astaxanthine : un essai chacun
  4. Vitamine C : une association, pas un essai
  5. NMN : rien sur la peau
  6. La crème solaire passe avant
  7. Pour aller plus loin

Parmi les compléments anti-âge, le collagène hydrolysé est celui qui a le plus d’essais sur la peau, devant l’acide hyaluronique, la coenzyme Q10 et l’astaxanthine. Ces essais sont petits et souvent financés par l’industrie, et une méta-analyse de 2025 ne trouve aucun effet dans les seuls essais indépendants. La crème solaire quotidienne a, elle, ralenti le vieillissement de la peau dans un essai de quatre ans et demi.

Ce que montrent les essais

IngrédientÉtudeParticipants et duréeDoseRésultat
CollagèneProksch et al., 2014, Skin Pharmacology and Physiology69 femmes de 35 à 55 ans, 8 semaines2,5 g ou 5 g par jourÉlasticité améliorée par rapport au placebo dans les deux groupes ; hydratation et perte d’eau en tendance non significative
CollagèneAsserin et al., 2015, Journal of Cosmetic DermatologyDeux essais contre placebo, 4 à 12 semainesNon indiquée dans le résuméHydratation augmentée après 8 semaines ; densité du collagène du derme augmentée et fragmentation réduite dès 4 semaines, effets présents à 12 semaines
Acide hyaluroniqueHsu et al., 2021, Nutrients40 adultes asiatiques de 35 à 64 ans, 12 semaines120 mg par jourRides, hydratation de la couche cornée, perte d’eau et élasticité améliorées par rapport au placebo
Coenzyme Q10Žmitek et al., 2017, BioFactors33 personnes en bonne santé, 12 semaines50 ou 150 mg par jour, forme hydrosolubleRides et ridules réduites, peau plus lisse, dégradation saisonnière de la viscoélasticité limitée ; aucun effet sur l’hydratation, l’épaisseur du derme ni la sensibilité aux UV
AstaxanthineTominaga et al., 2012, Acta Biochimica Polonica30 femmes puis 36 hommes, 6 à 8 semaines6 mg par jourSur l’essai contrôlé chez 36 hommes : rides de la patte-d’oie, élasticité et perte d’eau améliorées

Ces essais durent 12 semaines au plus, et pour plusieurs d’entre eux, les auteurs ou les financeurs sont liés aux fabricants.

Collagène : des essais positifs, une méta-analyse qui tempère

Dans l’essai de Proksch et de ses collègues, publié en 2014, 69 femmes de 35 à 55 ans ont pris 2,5 g ou 5 g de peptides de collagène par jour pendant 8 semaines, en double aveugle contre placebo. L’élasticité de la peau s’est améliorée par rapport au placebo dans les deux groupes, sans effet indésirable relevé. L’hydratation et la perte d’eau ne montrent qu’une tendance dans une sous-analyse, non significative.

L’essai d’Asserin et de ses collègues, publié en 2015, va dans le même sens : dans deux essais contre placebo, l’hydratation de la peau augmente après 8 semaines, et la densité du collagène du derme progresse dès 4 semaines avec une fragmentation réduite. Les effets sont encore là à 12 semaines. Deux des auteurs travaillent pour des fabricants de collagène, Rousselot et Unitec Foods, d’après les affiliations de l’article.

L’essai de Bolke et de ses collègues, publié en 2019, porte sur 72 femmes de 35 ans et plus pendant 12 semaines. Les ampoules buvables apportaient 2,5 g de peptides de collagène avec de l’extrait d’acérola, de la vitamine C, du zinc, de la biotine et de la vitamine E. Hydratation, élasticité, rugosité et densité de la peau se sont améliorées par rapport au placebo, mais comme le produit est un mélange, l’effet ne peut pas être attribué au seul collagène.

La méta-analyse de Myung et Park, publiée en 2025 dans l’American Journal of Medicine, rassemble 23 essais randomisés et 1 474 participants. Sur l’ensemble, le collagène améliore l’hydratation, l’élasticité et les rides. En regardant de plus près, les essais sans financement de l’industrie ne montrent aucun effet sur ces trois critères, contrairement aux essais financés, et les essais de haute qualité n’en montrent aucun non plus. Seuls les essais de faible qualité affichent un gain d’élasticité. Les auteurs concluent qu’il n’y a pas de preuve clinique à ce jour pour utiliser le collagène afin de prévenir ou traiter le vieillissement de la peau.

Si vous essayez le collagène, attendez-vous à un effet modeste et incertain.

Acide hyaluronique, coenzyme Q10, astaxanthine : un essai chacun

L’acide hyaluronique a un essai solide sur le papier. Dans celui de Hsu et de ses collègues, publié en 2021 dans Nutrients, 40 adultes asiatiques de 35 à 64 ans ont pris 120 mg par jour pendant 12 semaines, en double aveugle contre placebo : rides, hydratation de la couche cornée, perte d’eau et élasticité se sont améliorées par rapport au placebo. Trois des auteurs sont salariés de Kewpie, qui fabrique de l’acide hyaluronique.

La coenzyme Q10 repose sur un essai plus petit. Žmitek et ses collègues ont publié en 2017 les résultats de 33 personnes en bonne santé ayant pris 50 ou 150 mg par jour d’une forme hydrosoluble pendant 12 semaines, contre placebo. Les rides et ridules ont diminué, la peau était plus lisse et la dégradation saisonnière de la viscoélasticité limitée. Rien n’a bougé sur l’hydratation, l’épaisseur du derme ni la sensibilité aux UV.

L’astaxanthine a deux essais, mais un seul compte. Le premier, ouvert et sans placebo, a porté sur 30 femmes pendant 8 semaines, avec 6 mg par jour en gélule et une application sur la peau. Le second, randomisé en double aveugle contre placebo, a suivi 36 hommes pendant 6 semaines à 6 mg par jour : rides de la patte-d’oie, élasticité et perte d’eau améliorées. Les auteurs travaillent pour Fuji Chemical Industry, qui fabrique de l’astaxanthine.

L’Astaxanthine Nutriforce, par exemple, apporte 8 mg par gélule, un peu plus que les 6 mg de cet essai.

Vitamine C : une association, pas un essai

Pour la vitamine C, la donnée vient d’une enquête d’observation, pas d’un essai. Cosgrove et ses collègues ont suivi 4 025 Américaines de 40 à 74 ans et comparé leur alimentation : un apport alimentaire plus élevé en vitamine C est associé à une probabilité plus faible d’aspect ridé et de sécheresse cutanée liée à l’âge. Il s’agit d’une association, portant sur l’alimentation et non sur un complément, qui ne prouve pas la cause.

NMN : rien sur la peau

Le NMN fait l’objet d’essais humains, mais aucun ne porte sur la peau. Chez des femmes ménopausées prédiabétiques en surpoids, 10 semaines de NMN contre placebo ont augmenté la sensibilité à l’insuline du muscle, d’après Yoshino et ses collègues, en 2021 dans Science. Une méta-analyse de 9 essais et 412 participants d’âge moyen ou âgés, publiée en 2025, s’est penchée sur la fonction musculaire et le foie. Rien de tout cela ne mesure la peau.

La crème solaire passe avant

Dans un grand essai, c’est la protection solaire quotidienne qui a ralenti le vieillissement de la peau. À Nambour, en Australie, 903 adultes de moins de 55 ans ont été suivis 4 ans et demi : avec une crème solaire à large spectre appliquée chaque jour, aucune progression détectable du vieillissement cutané n’a été observée, et il a été 24 % moindre que dans le groupe à usage libre. Dans le même essai, 30 mg de bêta-carotène par jour n’ont eu aucun effet d’ensemble sur le vieillissement de la peau.

Pour aller plus loin

Notre classement des compléments anti-âge Notre comparatif des collagènes Collagène : bienfaits, types et supplémentation Notre test de l’Astaxanthine Nutriforce

Composition vérifiée le 2 octobre 2026 sur la fiche Nutriforce. Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé ou d’un dermatologue. Consultez un professionnel de santé avant toute supplémentation, particulièrement en cas de traitement médicamenteux ou de grossesse.